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PROJET DE FABRICATION D’UNE PIROGUE MONOXYLE AU CLUB DE CANOE-KAYAK D’AMBOISE

La pirogue monoxyle, c’est-à-dire taillée dans une seule pièce de bois, est une embarcation universelle, attestée en Europe depuis le Mésolithique.
Pratiquement partout dans le monde, elle a été et reste encore utilisée ça et là, tant sur mer qu’en eau douce.
Le projet décrit ci-après est celui d’une reconstitution d’une pirogue de Loire, inspirée d’une des nombreuses embarcations découvertes dans le lit du fleuve royal ou dans celui d’un de ses affluents, depuis le XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui.
Au départ de cette aventure, qui s'est déroulée en public tout au long du printemps-été 2012, se trouve un passionné
des pirogues du Monde :

Serge Dubuc, peintre-décorateur, restaurateur en objets d’art.

L’ARBRE

Les critères de choix pour réaliser une pirogue de 8 mètres et d’une largeur minimum de 50 cm ont d’abord conduit à orienter les recherches du côté des exploitants forestiers pour trouver un pin maritime des dimensions voulues. Mais c’est une rencontre avec Jérôme Harivel, élagueur, qui nous a finalement permis de disposer d’un séquoia d’une centaine d’années environ, situé sur une propriété privée dans le sud du département, et dont la coupe était rendue nécessaire car l’arbre pourrissait par le haut. Nous remercions  à ce titre vivement  M.Manhès, propriétaire, pour sa contribution essentielle au projet.
Les dimensions de l’arbre ont permis de sortir deux billes de 8 mètres, à partir desquelles deux pirogues pourront être réalisées. Le diamètre exploitable à la base de l’arbre est confortable, autour de 80 cm.
Le séquoia est un monument du règne végétal. Importé de Californie vers l’ Europe au milieu du XIXème siècle, il peut atteindre des dimensions gigantesques ; certains spécimens américains dépassent les cent mètres de hauteur pour dix mètres de diamètre.
Il en existe deux variétés : le séquoia géant, et le séquoia Redwood, L’arbre qui va être utilisé appartient à cette dernière.
C’est un résineux de faible densité (0,40/0,45) à grain fin, facile à travailler, imputrescible et d’une belle couleur ocre-rouge. L’épaisseur de l’écorce est l’ordre de 5 cm, et celle de l’aubier de 7 cm à la base.
Le séquoia est donc un arbre à forte connotation symbolique, et ce paramètre n’a rien d’anodin. Du reste, le simple fait de parler du projet a d’ors et déjà suscité l’intérêt de nombre de personnes, y compris pour fabriquer d’autres objets, nous y reviendrons …

LE TYPE DE PIROGUE

Pour la pirogue tirée de la bille la plus imposante (celle partant de la base de l’arbre), le design choisit est inspiré d’une pirogue carolingienne comme celle trouvée dans le Brivet, dernier affluent de la Loire avant l’estuaire. La caractéristique principale des embarcations de cette période est un fond plat permettant de naviguer en eaux peu profondes. Les bords sont équarris à la hache tout en restant légèrement bombés. La proue et la poupe sont affinées, avec toutefois une extrémité quadrangulaire.
Ces pirogues monoxyles aux lignes relativement géométriques sont à considérer comme les lointaines aîeules des bateaux de Loire encore visibles aujourd’hui et dont les formes reprennent les principes décrits.
La pirogue  tirée éventuellement de la seconde bille aux dimensions plus modestes serait quant à elle, une pirogue “gauloise”, à fond arrondi, avec une proue et une poupe moins effilées que la première ... à moins qu’on en fasse autre chose, à voir.

AMENAGEMENT DU CHANTIER

Le lieu de fabrication de la  pirogue se trouve dans l’enceinte du club de canoë-kayak d’Amboise sur l’île d’Or, immédiatement à droite après avoir franchi le portail du club.
Les billes seront disposées parallèlement à la barrière sur 3 ou 4 rondins de 4 M de long et 20 cm de diamètre ; ainsi, le déroulé des opérations sera visible du public.
D’autres postes de travail sont prévus : fabrication des pagaies, banquettes, poste d’affûtage avec une meule à eau ancienne ... La liste est à compléter.
A prévoir également : différentes aires de stockage des déchets de taille, des copeaux à brûler aux chutes réutilisables.

A suivre ...

Serge Dubuc